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Blanchiment interne et résorption cervicale externe

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BLANCHIMENT: 

Une résorption cervicale externe peut se produire après une intervention de blanchiment interne. C'est une complication grave, mais toutefois plutôt rare. La résorption cervicale externe s'observe le plus fréquemment dans les cas de thermo-blanchiment (traitement thermo-catalytique intracoronaire). Certains auteurs les ont également décrits à la suite de traitements ambulatoires. Ces lésions sont provoquées par l'agent de blanchiment. Par l'intermédiaire des tubuli, il va gagner le ligament et provoquer une inflammation. Quand le cément est absent à la surface radiculaire, le risque de résorption est plus grand. Une résorption radiculaire est habituellement asymptomatique et est normalement détectée uniquement par une radiographie de routine. Selon l’étude de Heithersay (1999), une résorption cervicale a été causée dans seulement 3.9% par blanchiment intracoronaire. Une combinaison de traitement de blanchiment interne avec l’une ou l’autre des causes citées (traitement d’orthodontie, traumatisme ou chirurgie) est responsable de 13.6% des cas de résorption cervicale. Rotstein et al. (1991) ont démontré le passage du peroxyde d’hydrogène de la chambre pulpaire des dents traitées endodontiquement vers la surface externe de la racine. Des études expérimentales ont prouvé la nature toxique du peroxyde d’hydrogène qui est considéré comme étant un type d’oxygène réactif. Pour éviter l'apparition de ces résorbtion cervicale, il est possible d'utiliser un agent de blanchiment moins agressif ; c'est le cas quand on associe le perborate de sodium non pas avec du peroxyde mais avec simplement de l'eau. Weiger (1992) a conclu que le perborate de sodium mélangé à de l’eau distillée dans un ratio de 2 :1 (g ml-1) est un agent de blanchiment convenable et contribue à prévenir ou, du moins, à minimiser la résorption cervicale externe de la racine, une conséquence importante bien que rare du blanchiment interne par comparaison avec un agent blanchissant non-combiné avec de l’eau. Dans les cas de décolorations sévères, du peroxyde d’hydrogène (H2O2) à 3 % peut être mis à la place de l’eau. L’utilisation de H2O2 à 30 % n’est pas conseillée, toujours à cause des risques de résorption externe. Il est aussi nécessaire d'éviter la diffusion de l'agent de blanchiment vers le parodonte. Si ces agents venaient à sortir jusqu’au niveau de l’attache épithéliale, soit par les tubuli dentinaires, soit par un défaut dans la jonction énamo-cémentaire, il est possible que cela induise une résorption radiculaire et/ou osseuse due à une réponse inflammatoire. La première des précautions à prendre est de s'assurer de l'étanchéité de l'obturation canalaire. Toute pénétration dans l'endodonte peut mettre en contact l'agent de blanchiment avec le milieu extérieur par l'intermédiaire du foramen apical ou de canaux accessoires. Cette obturation doit être étanche et doit intéresser la totalité du réseau canalaire radiculaire. Actuellement, ce sont les obturations à la gutta foulée qui répondent le mieux à ces critères. Au niveau corono-radiculaire, pour éviter une diffusion dans les tubuli, il convient de renforcer l'étanchéitéde l'obturation à l'entrée du canal. La gutta est retirée sur une épaisseur de 2 mm au-delà de la jonction amélo-cémentaire (JAC) et remplacée par du ciment OZn Eugenol, de Cavit®, ou mieux de verre ionomère. Cette barrière que l’on place sur l’obturation canalaire sert à bloquer l’ouverture des tubuli dentinairesLa mise en place de ciment requiert beaucoup d'attention de la part de l'opérateur. Il convient de bien le condenser avec un fouloir fin pour le faire adhérer aux parois dentinaires. Il faut aussi veiller à ce qu'il protège les entrées des tubuli en regard de la Jonction Amélo cémentaire sans pour autant combler la cavité coronaire. Enfin, il est préférable d'attendre quelques jours, c'est-à-dire la prise complète de l'obturation canalaire et du ciment, avant de placer l'agent de blanchiment dans la cavité coronaire. Il importe de prendre une radiographie de la dent blanchie au début du traitement et une à chaque rendez vous annuel, après la fin du traitement, afin de diagnostiquer le plus tôt possible les résorptions cervicales externes. Enfin, il est important de noter que les patients ayant reçu un traitement de blanchiment à un jeune âge présentent souvent une résorption externe. On peut trouver une explication possible dans le fait que le H2O2 a plus de facilité à pénétrer le parodonte à cause des tubuli dentinaires plus larges des dents plus jeunes. Est-ce que l’exposition au peroxyde de carbamide augmente les risques de résorption ? De nombreuses études ont été menées à ce sujet et la grande conclusion qui en ressort est que la résorption cervicale survient seulement lorsque la dent est traumatisée. Ce trauma survient lors de l’utilisation d’un produit de blanchiment contenant une quantité trop élevée de peroxyde d’hydrogène ou lorsque de la chaleur est appliquée pour accélérer le traitement.
Selon Anne Claisse-Crinquette au Congrès 1998 :
"La réaction est accélérée par l'association de peroxyde d'hydrogène à 35% au perborate de sodium, mais ce mélange doit être évité car il peut être à l'origine d'effets secondaires indésirables [résorptions cervicales externes "(CVEK et LINDVAL, 1985), récidives (TITLEY et coll., 1993), fragilisation de la dent (LEWINSTEIN et coll., 1994) ]. De plus "
La méthode thermocatalytique, très rapide et efficace qui consistait à chauffer une boulette de coton imbibé de H202 à 110 volumes, doit être définitivement abandonnée car elle est aussi à l'origine de complications (ROTSTEIN et coll., 1991)." Si ces principes sont bien respecté, il n’y a normalement aucune risque de complications à craindre au niveau de la structure radiculaire de la dent.

Source : Illustration Greenwall L. G FREEDMAN et Al. Bleaching Techniques in restorative Dentistry.An Illustrated Guide, Thiene Medical Pub, 2001 - Propos de Pr Paul Calas (odontologie conservatrice, endodontie),Blanchiment des dents dévitalisées Faculté de médecine dentaire, Université Laval (ADF Quintessence 1998