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Technique d'éclaircissement interne

BLANCHIMENT: 

L'éclaircissement interne consiste à éclaircir une dent dévitalisée "de l'intérieur".
Souvent, les dents dévitalisées prennent une coloration plus sombre, pouvant être inesthétique s'il s'agit d'une incisive centrale supérieure. Dans ce cas on peut, après s'être assuré que l'obturation canalaire était bien étanche, déposer un produit adéquat à l'intérieur de la dent, et le laisser agir durant une semaine. On peut éventuellement renouveler le produit plusieurs fois, jusqu'à arriver à la teinte souhaitée. Ce traitement pourra être renouvelé plus tard si nécessaire.

La dent à blanchir doit être examinée minutieusement afin d'éliminer les contre-indications. La qualité du traitement endodon-tique doit être vérifiée. Au besoin le traitement sera repris. Des photos initiales peuvent être réalisées avant le traitement. La préparation de la dent va consister à rectifier la cavité d'accès, désobturer le canal radiculaire jusqu'à 2 mm de la jonction amélocémentaire. Ensuite, la région cervicale à ce niveau sera isolée à l'aide d'un matériau jouant le rôle d'une barrière de protection. Cette base protectrice s'oppose à la diffusion du peroxyde d'hydrogène au niveau de la région apicale et au niveau de la sur¬face externe de la racine.
Différents matériaux ont été proposés : le ciment verre ionomère,
le super EBA, le ciment oxyphosphate de zinc eugénol ou encore le Cavit.
Si aucune différence significative n'a été trouvée entre les diffé-rents matériaux pour certains auteurs, le Cavit, le ciment oxyde de zinc eugénol et l'IRM semblent être légèrement plus effi¬caces pour d'autres. Une épaisseur de 2 mm pour le Cavit semblerait être un bon moyen d'isolement.

La méthode thermocatalytique, très rapide et efficace, qui consistait à chauffer une boulette de coton imbibée de peroxyde d'hy¬drogène à 110 volumes, doit être définitivement abandonnée car elle est à l'origine de complications.

Actuellement, deux techniques sont utilisées :

Les techniques faisant appel au perborate de sodium

Le perborate de sodium est une poudre blanche, fine, antiseptique, chimiquement stable à l'état sec. Mis en solution dans l'eau, il se décompose lentement en métaborate de sodium, eau oxygénée et oxygène naissant.
Lorsque le perborate de sodium est dilué dans l'eau distillée, il faut trois molécules pour libérer une molécule d'oxygène, alors que le mélange avec le peroxyde d'hydrogène ne nécessite que deux molécules.
En 1961, Spasser recommanda l'usage du perborate de sodium mélangé avec l'eau distillée pour réaliser le blanchiment interne. En 1963, Nutting et Poe ont substitué l'eau distillée par le peroxyde d'hydrogène à 30 % pour réaliser le traitement de blanchiment. Il s'agit d'une méthode ambulatoire qui consiste à déposer dans la chambre pulpaire un mélange pâteux à base de perborate de sodium et d'eau, et à sceller la cavité par un pansement étanche. Le produit est renouvelé tous les dix jours, jusqu'à l'obtention de l'éclaircissement souhaité. La réaction peut être accélérée par l'association de peroxyde d'hydrogène à 30 % au perborate de sodium.

Les techniques faisant appel au peroxyde de carbamide

Une autre méthode consiste à utiliser du peroxyde de carbamide à des concentrations de 10 à 35%. Ce produit est réputé moins agressif du fait de la production indirecte de peroxyde d'hydrogène.

Certains auteurs ont proposé l'utilisation du peroxyde de carba-mide à 10% (34), et dans leur étude, les résultats après trois séances de blanchiment durant 14 jours étaient inférieurs aux résultats obtenus avec le perborate de sodium mélangé avec le peroxyde d'hydrogène à 30%.
Le peroxyde de carbamide à des concentrations de 35% a égale¬ment été évalué in vitro, et a montré un résultat égal à celui obtenu avec de l'eau oxygénée à 35%. Le peroxyde de carbamide à 35% libère 12 % de peroxyde d'hydrogène.
Des résultats satisfaisants in vivo ont été aussi obtenus avec le peroxyde de carbamide. In vitro le peroxyde de carba¬mide à 35 % semble être une technique sûre car elle n'a pas mon¬tré de résorption.

Comment Restauration de la cavité d'accès après blanchiment

Le scellement marginal peut être affecté par le traitement d'éclair¬cissement, augmentant la micro-infiltration des fluides et bactéries au niveau de la chambre pulpaire et contribuant à l'échec du traitement.
Pour certains auteurs, l'oxygène naissant après traitement d'éclaircissement peut persister jusqu'à deux semaines dans l'émail et la dentine et interférer avec l'adhésion. Pour éviter ces effets, la restauration doit être différée au moins de deux semaines.

Source : Extrait d'un article de formation continue CFD 1293 Sanaa Chala, Faïza ABDALLAOUI